Des agents de sécurité parmi les personnes interpellées. La justice sénégalaise vient de boucler son enquête sur la répression des manifestations ayant précédé les élections présidentielles de 2024. Une soixantaine de personnes auraient perdu la vie lors de ces événements, selon un collectif de journalistes.
Des juges d’instruction près le Tribunal de grande instance de Dakar ont bouclé leurs enquêtes sur la répression des manifestations préélectorales de 2021 et 2024. Plusieurs personnes ont fait l’objet d’inculpations pour « crimes contre l’humanité », parmi lesquelles un agent de sécurité de proximité en service au commissariat de Bargny, le vigile d’un ancien ministre et le chef du service de sécurité du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), rapporte le journal sénégalais Le Quotidien.
Ce dernier est notamment accusé d’avoir participé au passage à tabac de l’activiste sénégalais Pape Abdoulaye Touré. La justice sénégalaise a placé les personnes inculpées sous contrôle judiciaire, avec port obligatoire d’un bracelet électronique.
Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), qui cite les chiffres du collectif CartograFreeSenegal, 65 personnes ont péri, dont 51 par balle, lors de ces événements entre mars 2021 et février 2024. CartograFreeSenegal est composé de journalistes, de cartographes et d’autres spécialistes des données.
Le 13 mai 2024, l’avocat de l’alors opposant au président Macky Sall avait annoncé le dépôt d’une plainte devant la Cour pénale internationale (CPI) contre de hauts gradés de l’armée ainsi que des responsables de la police sénégalaise.
En juin 2023, Amnesty International avait rapporté que la police sénégalaise avait eu recours à des miliciens pour réprimer les manifestations.
En avril 2024, la chaîne de télévision Al Jazeera avait rapporté que la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen avait saisi la Commission européenne afin de demander l’ouverture d’une enquête sur l’utilisation, par les autorités sénégalaises sous Macky Sall, d’armes fournies dans le cadre d’un programme d’aide de l’Union européenne.
Ces armes, destinées officiellement à la lutte contre l’immigration clandestine, auraient été utilisées par les forces de sécurité sénégalaises lors de la répression des manifestations et contre les partisans de l’opposant Ousmane Sonko.
La Gazette du Défenseur



