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L’organisation, qui prône le retour à l’ordre constitutionnel dans les pays du Sahel, évoque également des soldats tués lors de la répression d’une mutinerie au sein de l’armée nigérienne le week-end dernier. Elle condamne également le recours à une force étrangère pour réduire les mutins au silence.

Selon plusieurs médias nationaux et internationaux, une mutinerie a éclaté au sein de l’armée nigérienne samedi 29 août dernier. Les mutins ont pris le contrôle de certains points stratégiques de la capitale du Niger, Niamey, dont la base aérienne 101, située à l’aéroport international Hamani Diori. En fin de soirée, les autorités nigériennes ont annoncé avoir repris le contrôle desdits sites. L’ambassadeur de Russie au Niger a révélé que la junte militaire nigérienne avait sollicité l’appui des soldats russes d’Africa Corps pour mettre fin à la mutinerie.

L’Alliance des démocrates du Sahel (ADS) a suivi ces événements de très près. Dans un communiqué que la rédaction de La Gazette du Défenseur a pu consulter, le mouvement, qui prône le retour à l’ordre constitutionnel dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), fait état de militaires tués et d’autres arrêtés. L’Alliance déplore le silence des autorités militaires nigériennes, aussi bien sur le bilan humain de ces événements que sur le sort des personnes interpellées.

Aussi, l’ADS demande-t-elle que les identités et les lieux de détention des mutins interpellés soient rendus publics et communiqués à leurs familles. L’Alliance souhaite également que les personnes interpellées aient accès à un avocat et à un médecin, qu’elles ne fassent en aucun cas l’objet d’une disparition forcée et que l’affaire soit portée devant un tribunal ordinaire.

L’association condamne, par la même occasion, l’intervention des soldats russes d’Africa Corps au Niger : « Une force étrangère supplétive n’a aucune qualité pour départager les soldats nigériens dans une querelle interne à leur armée », peut-on lire dans le communiqué de l’ADS.

L’Alliance souhaite que ce mouvement d’humeur au sein de l’armée nigérienne soit un prétexte pour les autorités, les organisations régionales et les partenaires extérieurs afin d’engager une transition négociée vers le retour à l’ordre constitutionnel.

L’ADS est constituée d’hommes politiques, de journalistes et d’acteurs de la société civile vivant en exil et originaires du Niger, du Burkina Faso et du Mali. Ces trois pays forment l’Alliance des États du Sahel, une organisation interétatique créée le 16 septembre 2023.

Ces pays ont en commun d’être dirigés par des juntes militaires qui ont banni l’organisation d’élections, dissous les partis politiques ainsi qu’un nombre important d’organisations de la société civile, et restreint la liberté d’expression et de la presse.

La Rédaction