Plus de 1 000 migrants afghans, bloqués au Qatar en attente de visas pour les États-Unis, pourraient être relocalisés en République démocratique du Congo, dans le cadre de discussions entre Washington et Kinshasa. Cette perspective suscite des critiques d’organisations de défense des droits humains, qui évoquent les risques liés à la situation sécuritaire dans l’est du pays.
Selon l’agence de presse Reuters, l’administration Trump est en discussion avec le gouvernement de la République démocratique du Congo pour la relocalisation de 1 100 migrants d’origine afghane.
En juin dernier, le gouvernement américain a inclus l’Afghanistan sur une liste de 12 pays frappés d’interdiction de voyage vers les États-Unis, avec une légère exception pour les Afghans titulaires du Special Immigrant Visa (SIV), destiné à ceux qui ont travaillé avec l’armée et la diplomatie américaines.
Un juge fédéral a, en février dernier, levé la suspension de l’octroi des visas SIV, mais la mesure reste globalement restrictive.
Fuyant les persécutions des talibans, qui ont pris le pouvoir en Afghanistan en 2021 après le départ des forces américaines, ces migrants vivent au camp d’Al Udeid / As Sayliyah au Qatar, une ancienne base militaire américaine. Ils étaient en attente de visas d’immigration pour les États-Unis, mais les autorités américaines ont suspendu la procédure en novembre dernier, après qu’un ressortissant afghan, ancien membre d’une unité paramilitaire entraînée par la CIA, a attaqué deux soldats de la Garde nationale américaine à Washington.
Parmi ces migrants figurent des proches de citoyens américains ainsi que des travailleurs humanitaires ayant collaboré avec des organisations financées par Washington.
Selon plusieurs organisations américaines de défense des droits humains, ce plan de relocalisation en République démocratique du Congo est inacceptable. C’est le cas de #AfghanEvac. Son président et fondateur, Shawn VanDiver, estime que l’est du pays reste instable et que la situation sécuritaire y est préoccupante.
VanDiver craint également que le refus de certains migrants d’être relocalisés en RDC ne pousse les États-Unis à envisager leur renvoi forcé en Afghanistan. Le Botswana avait initialement été envisagé comme destination, mais le pays s’y est opposé en raison notamment des frais de visa américains, estimés à 15 000 dollars. Selon lui, le Botswana constituerait une option plus sûre pour ces migrants afghans.
La Gazette du Défenseur, avec Reuters



