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Selon des experts des Nations unies, les Forces de soutien rapide (RSF) ont ciblé des membres de communautés non musulmanes à El-Fasher, dans la région du Darfour, lors de la prise de contrôle de la localité à la fin du mois d’octobre dernier. Des actes qu’ils qualifient de génocide, car ils répondent aux critères établis par la Convention de 1948 des Nations Unies.

Selon l’agence de presse américaine Associated Press, des experts de l’ONU, dans une déclaration rendue publique ce jeudi 19 février 2025, ont qualifié de génocide le massacre perpétré par les Rapid Support Forces (RSF) et leurs milices arabes. Environ 6 000 civils ont été tués entre le 25 et le 27 octobre 2025 à El-Fasher, dans le nord du Darfour, à l’ouest du Soudan, alors que les RSF prenaient le contrôle de la ville.L’unité paramilitaire aurait particulièrement ciblé des communautés non arabes, notamment les Fur et les Zaghawa.

Créées en 2013 par le président de l’époque, Omar el-Bechir, les RSF affrontent l’armée soudanaise depuis le 15 avril 2023, dans un contexte de guerre interne au sein de la junte militaire au pouvoir. Celle-ci a pris les rênes du pays après la chute d’El-Béchir en 2019. Plus de 40 000 personnes ont trouvé la mort depuis le début du conflit.

Selon les experts onusiens, les RSF et leurs milices alliées se seraient rendues coupables, en plus des massacres, d’exécutions sommaires, de tortures, de violences sexuelles et d’enlèvements contre rançon. D’après les enquêteurs, ces atrocités peuvent être qualifiées de génocide, car elles rempliraient trois des cinq critères définis par l’article 2 de la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée en 1948 à la suite de la Seconde Guerre mondiale et de l’Holocauste des Juifs. En novembre dernier, ONU Femmes a signalé de nombreux cas de viols et de disparitions d’enfants à El-Fasher. 

La Gazette du Défenseur avec Associated Press