Selon une enquête de l’agence de presse Reuters, plus d’une douzaine de civils ont été massacrées dans un café lors des manifestations ayant suivi l’élection présidentielle de fin octobre dernier. Une enquête de l’ONU fait état de 700 personnes tuées pendant ces événements. Le gouvernement affirme avoir ouvert une enquête sur les violences post-électorales.
Reuters rapporte que 13 personnes ont été massacrées dans un café le 31 octobre dernier, dans le quartier de Mjimwema, dans la ville de Mwanza, une ville portuaire située dans le nord de la Tanzanie. Les faits se sont produits lors des manifestations qui ont éclaté après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle. Le scrutin s’est tenu le 29 octobre dernier. Au pouvoir depuis 2021, la présidente sortante, Samia Suluhu Hassan, l’a emporté avec 97,66 % des suffrages valablement exprimés, des résultats largement contestés dans la rue par de nombreux Tanzaniens.
Selon l’enquête de l’agence de presse britannique, la police tanzanienne a, lors de ces événements, délibérément ciblé et tué des civils à Mwanza, mais aussi à Dar es Salaam et à Arusha. Des accusations rejetées par le gouvernement tanzanien, qui affirme toutefois avoir mis en place une commission d’enquête sur les violences post-électorales. En décembre dernier, des experts indépendants en droits humains du Conseil des droits de l’homme de l’ONUont annoncé qu’au moins 700 personnes avaient fait l’objet d’exécutions sommaires.
De son côté, l’agence de presse américaine Associated Press a rapporté en novembre dernier, en s’appuyant sur des données du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, que les autorités tanzaniennes auraient procédé à la dissimulation des dépouilles des victimesafin de minimiser le nombre de personnes tuées lors de ces événements. D’autres corps, a ajouté Associated Press, auraient été remis aux familles pour des funérailles. L’organe onusien a appelé à l’ouverture d’une enquête sur ces faits. Pour le principal parti d’opposition, CHADEMA, ainsi que pour plusieurs organisations locales de la société civile, ce sont des milliers de personnes que la police aurait massacrées lors des manifestations post-électorales.
La Gazette du Défenseur, avec Reuters



