Le gouvernement zimbabwéen prépare un projet de révision constitutionnelle visant à permettre que le président de la République soit désormais élu non plus au suffrage universel mais par les membres du Parlement, entièrement contrôlé par le parti au pouvoir. La société civile dit non et rappelle au président son engagement pris de respecter la constitution.
Selon le site internet de la radio britannique BBC, le gouvernement zimbabwéen prépare un projet de révision constitutionnelle visant à lever la limitation des mandats présidentiels. D’après ce projet de loi, le président de la République ne serait plus élu au suffrage universel direct, mais par les membres du Parlement, dont la Zimbabwe African National Union–Patriotic Front (ZANU-PF), le parti au pouvoir, contrôle la majorité des sièges.
En 2013, les Zimbabwéens ont adopté une nouvelle Constitution limitant le nombre de mandats présidentiels à deux. Élu en 2018 pour un mandat de cinq ans, Emmerson Mnangagwa a été reconduit à la tête du pays en 2023 pour un deuxième et dernier mandat, à l’issue d’un scrutin controversé.Mnangagwa a succédé à Robert Mugabe, contraint à la démission à la suite d’un coup de force militaire en novembre 2017. Mugabe avait dirigé le pays pendant 37 ans. Il est décédé en 2019.Si ce projet de loi est adopté, l’actuel président Emmerson Mnangagwa pourrait briguer un nouveau mandat au-delà de 2028.
Des organisations locales de la société civile s’opposent à cette initiative. C’est notamment le cas du mouvement Defend The Constitution Platform (DCP). Contacté par le site d’information zimbabwéen Bulawayo24.com, son président, Jameson Timba, a appelé le chef de l’État à respecter l’engagement qu’il avait pris dans une interview accordée à la BBC en 2018 de ne pas modifier la Constitution afin de prolonger son maintien au pouvoir.
La Gazette du Défenseur avec BBC



