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L’organisation internationale dénonce une volonté de faire taire les voix dissidentes, dans un contexte de restrictions croissantes contre les libres-penseurs.

Le 15 avril dernier, le gouvernement du Burkina Faso a dissous 118 organisations locales de la société civile. Le 21 avril, 359 autres ont été fermées. Les autorités ont justifié cette première vague de dissolutions par une non-conformité à la loi du 17 juillet 2025 portant sur la liberté d’association.

Pour Human Rights Watch, les raisons avancées par le gouvernement restent floues :

« Les autorités ont invoqué une loi de juillet 2025 sur la liberté d’association, mais n’ont fourni aucune justification au-delà de vagues allusions au non-respect de ladite loi », indique l’organisation sur son site.

Selon l’ONG, le régime du capitaine Ibrahim Traoré chercherait à faire taire les critiques et à éviter toute remise en cause de son bilan en matière de droits humains :

« La dissolution massive des organisations de la société civile n’est que le dernier acte de la junte du Burkina Faso pour faire taire la dissidence et éviter toute analyse de son bilan peu reluisant en matière de droits humains », rapporte l’organisation, citant Binta Sidibé, présidente de l’Observatoire Kisal.

Ces mesures s’inscrivent dans une série d’actions jugées répressives contre les voix critiques. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Traoré le 30 septembre 2022, à la suite d’un putsch, plusieurs journalistes, acteurs de la société civile, opposants politiques, avocats ou encore magistrats auraient été arrêtés, enrôlés de force ou victimes de disparitions forcées après avoir exprimé des critiques à l’égard du régime.

« Les autorités ont également détenu des travailleurs humanitaires et arrêté arbitrairement, fait disparaître de force ou enrôlé illégalement des défenseurs des droits humains, des journalistes et des opposants politiques », souligne Human Rights Watch.

L’ONG qualifie par ailleurs ces dissolutions d’arbitraires. Elle relève que certaines organisations visées étaient inactives, tandis que d’autres étaient en conformité ou en cours de régularisation, conformément au délai d’un an prévu par la loi. Parmi elles figurent notamment Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture et la Coalition Burkinabè pour les droits des femmes.

La Gazette du Défenseur