Selon une mission d’enquête des Nations Unies, les attaques cibles des infrastructures civiles ainsi que des camps de déplacés internes. Des mercenaires étrangers impliqués.
La violation des droits humains au Soudan est susceptible de constituer un crime de guerre. Telle est la conclusion d’une enquête de la Mission internationale indépendante d’enquête de l’ONU sur le Soudan. C’est du moins ce rapporte ONU Info. Depuis le 15 avril 2023, le Soudan est secoué par une guerre civile sanglante. L’armée soudanaise affronte les Forces de soutien rapide (FSR) sur fond de guerre de clan au sein de l’armée soudanaise.
Prenant la parole lors d’une récente session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, en Suisse, le président de ladite Mission d’enquête, Mohamed Othman, a fait remarquer que les attaques des bélligérants ciblent davantage des civils ainsi que des infrastructures à caractère social : “Des civils ont été touchés chez eux, dans des écoles, des hôpitaux, des marchés, des sites d’accueil pour personnes déplacées et des lieux de refuge, ainsi que lors de mariages, d’enterrements et d’autres rassemblements communautaires”, rapporte ONU Info.
La Mission d’enquête met en cause les forces armées soudanaises mais aussi les Forces de soutien rapide, dans la violation des droits humains au Soudan: “À Kalogi, dans le Kordofan du Sud, des frappes successives attribuées aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) contre une école maternelle et un hôpital ont tué 114 personnes, dont 60 enfants. Certaines victimes ont été touchées alors qu’elles tentaient de secourir les blessés…À Da’ein, dans l’Est du Darfour, des frappes des Forces armées soudanaises (FAS) ont rendu l’hôpital universitaire inutilisable après avoir tué au moins 70 personnes. À Yabus, dans l’État du Nil Bleu, des drones des FAS ont également visé le principal marché et les infrastructures hydrauliques alentour, endommageant commerces et installations”.
La Mission d’enquête parle de soutien international des bélligérants. Selon Othman, un réseau transnational a mis en relation des individus et des entités aux Émirats arabes unis, au Tchad, dans le sud-est de la Libye et au Puntland, en Somalie. De plus, La Mission dit avoir documenté la présence de 2000 anciens contractuels de l’armée colombienne, ainsi que des combattants étrangers originaires du Soudan du Sud, du Tchad et d’Éthiopie.
Le Haut-commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, Volker Türk, a appelé à un cessez-le-feu immédiat, à la fin de toute ingérence étrangère et au retour à un régime civil inclusif au Soudan.
La Gazette du Défenseur



